Face aux défis croissants liés à la rareté de l’eau, aux tensions transfrontalières et au changement climatique en Afrique de l’Ouest, la coopération régionale s’impose plus que jamais comme un impératif stratégique. C’est dans ce contexte que Kocou Armand Houanye, Secrétaire exécutif de l’Autorité du Bassin du Niger (ABN), a pris part au panel consacré au thème : « Renforcer la sécurité hydrique, la paix et le développement en Afrique de l’Ouest grâce à la coopération transfrontalière ».
Organisé par le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS), en marge de la réunion préparatoire de haut niveau de la Conférence des Nations Unies sur l’eau, ce panel a réuni des acteurs institutionnels et des experts autour d’un enjeu central : faire de la gestion partagée des ressources en eau un levier de prévention des conflits, de stabilité régionale et d’intégration. Les échanges ont été modérés par Tanya Merceron, conseillère climat et sécurité à l’UNOWAS.
Dans son intervention, Kocou Armand Houanye a rappelé que l’Autorité du Bassin du Niger constitue depuis plus de six décennies un pilier de la coopération régionale entre neuf États d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale partageant le bassin du fleuve Niger. Il a mis en avant le rôle central de l’ABN dans la gestion concertée et durable des ressources en eau, au service du développement économique, de la sécurité alimentaire, de la production d’énergie, de la navigation et de la préservation des écosystèmes.
Soulignant l’importance de l’hydrodiplomatie comme outil de paix, le Secrétaire exécutif a insisté sur la capacité du dialogue institutionnalisé entre États riverains à prévenir les tensions liées à l’eau et à renforcer la stabilité régionale, dans un bassin qui abrite plus de 180 millions de personnes.
Il a également évoqué les avancées réalisées en matière de résilience climatique, notamment à travers le Programme intégré de développement et d’adaptation au changement climatique dans le bassin du Niger (PIDACC), tout en appelant à accélérer les investissements dans des infrastructures hydriques structurantes pour garantir la sécurité hydrique, soutenir la croissance économique et consolider la paix.
Enfin, Kocou Armand Houanye a souligné les défis persistants liés à la viabilité financière et institutionnelle de la coopération transfrontalière, plaidant pour des mécanismes innovants de financement, incluant la mobilisation du secteur privé, afin de permettre à l’Autorité du Bassin du Niger de continuer à jouer pleinement son rôle au service d’un développement durable, résilient et inclusif en Afrique de l’Ouest.
Ndeye Magatte Kebe, fondatrice Hydrodiplomacy



