La coopération transfrontalière constitue aujourd’hui l’un des leviers les plus efficaces pour consolider la paix et accélérer le développement durable en Afrique. C’est le message central porté par Ousmane Hann, Secrétaire général de Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Gambie (OMVG), dans une interview vidéo consacrée à la gestion transfrontalière des ressources en eau.
Selon lui, le continent africain fait figure de modèle en matière de gouvernance partagée des ressources hydriques, grâce à l’expérience accumulée par les organisations de bassins fluviaux. « La coopération transfrontalière est un levier pour dynamiser la paix et le développement entre les pays », a-t-il affirmé, soulignant que l’eau, lorsqu’elle est gérée collectivement, devient un facteur de stabilité plutôt qu’une source de tensions.
Des mécanismes africains éprouvés pour prévenir les conflits
Ousmane Hann rappelle que les États africains disposent déjà de mécanismes juridiques, institutionnels et socio-culturels solides pour prévenir les conflits liés à l’eau. Ces instruments reposent notamment sur une connaissance partagée de la ressource, une planification concertée de son utilisation, ainsi qu’une valorisation commune au bénéfice des populations riveraines.
Cette approche inclusive permet d’anticiper les risques, de renforcer la confiance entre États et de transformer les bassins transfrontaliers en espaces de coopération et d’intégration régionale.
Un plaidoyer en faveur d’un leadership continental affirmé
Au-delà du constat, le Secrétaire général de l’OMVG plaide pour un engagement politique plus fort au plus haut niveau. Il estime que les organisations de bassins, bien que créées par les États avec l’appui des instances régionales et continentales, demeurent encore trop éloignées des centres de décision continentaux.
« Il faut un plaidoyer très fort porté par les chefs d’État afin que les difficultés et contraintes rencontrées par les organismes de bassins soient transformées positivement pour le bien des communautés », a-t-il insisté.
Dans ce cadre, Ousmane Hann appelle à un soutien renforcé de Union africaine, en tant que leadership continental affirmé, pour porter la voix des organisations de bassins, traduire leurs recommandations en actions concrètes et les accompagner dans la mobilisation des ressources, notamment financières.
Renforcer les moyens des organismes de bassins pour un impact durable
Le déficit de financement reste, selon lui, l’un des principaux freins empêchant les organismes de bassins de jouer pleinement leur rôle. Un appui accru des États membres et des partenaires continentaux permettrait de renforcer leur efficacité et d’amplifier leur impact sur la paix, le développement et la résilience des communautés.



