Face aux crises mondiales, l’OMVS veut accélérer la concrétisation de ses projets structurants

La ville de Nouakchott a abrité, le vendredi 30 janvier 2026, la cérémonie officielle d’ouverture de la 78ᵉ session ordinaire du Conseil des ministres de l’Organisation pour la Mise en Valeur du Fleuve Sénégal (OMVS)

Présidée par Boubacar Diané, Ministre malien de l’Énergie et de l’Eau et Président en exercice du Conseil des ministres de l’OMVS, elle a réuni les délégations des États membres, les responsables des organes du système OMVS ainsi que des experts nationaux et internationaux.

Un appel à la solidarité et à la continuité historique

Dans son mot de bienvenue, le Ministre mauritanien du Pétrole et de l’Énergie, Mohamed Ould Khaled rappelé les liens historiques, culturels et humains séculaires qui unissent les pays membres de l’OMVS. Ces liens, a-t-il souligné, constituent le fondement des principes de solidarité, de concertation et de gestion commune qui guident l’Organisation depuis sa création en 1972.

Le Haut-Commissaire dresse le bilan et fixe le cap

Prenant ensuite la parole, le Haut-Commissaire de l’OMVS, Mohamed Abdel Vetah, a prononcé un discours-bilan retraçant les principales réalisations de l’année 2025, tout en appelant à une accélération des projets structurants.

Il a rappelé que cette session se tient dans un contexte mondial marqué par des turbulences sans précédent, entre crises géopolitiques, instabilité économique et dérèglement climatique.

« Pourtant, au milieu de ces vents contraires, l’OMVS est restée debout », a-t-il affirmé, soulignant la capacité de l’Organisation à poursuivre ses missions essentielles.

Selon le Haut-Commissaire, l’OMVS a continué à produire de l’énergie, réguler le fleuve, sécuriser la ressource en eau et soutenir l’agriculture, malgré un environnement international difficile. Cette résilience est avant tout le fruit de la volonté politique constante des Chefs d’État et des Gouvernements des pays membres et témoigne de la maturité institutionnelle atteinte par l’Organisation.

Des avancées financières et des projets structurants en cours

Dans son intervention, Mohamed Abdel Vetah a mis en lumière les avancées majeures enregistrées dans le financement des projets structurants, traduisant la crédibilité renforcée de l’OMVS auprès de ses partenaires.

Il a notamment indiqué que : 100 millions de dollars ont été mobilisés pour le barrage de Gourbassi ; 60 millions de dollars ont été confirmés par le Fonds saoudien pour le développement ; 95 millions d’euros ont été approuvés par la BIDC pour la réalisation de microcentrales en Guinée (Poukou, Bolokoum et Bimbaw), premières infrastructures énergétiques de l’OMVS sur le territoire guinéen ; 7 millions d’euros, mobilisés via la coopération italienne, ont permis de consolider la filière agricole, avec plus de 800 producteurs formés.

Concernant le projet de navigation sur le fleuve Sénégal, dont le coût global est estimé à 370 millions de dollars, le Haut-Commissaire a indiqué que d’importantes avancées ont été réalisées dans la mobilisation des financements, ouvrant la voie au lancement effectif des travaux, sous réserve des dernières validations.

Navigation, climat et innovation : des priorités assumées

Mohamed Abdel Vetah a souligné que la navigation sur le fleuve Sénégal, longtemps considérée comme le pilier manquant de l’intégration régionale, n’est plus une promesse mais un chantier imminent, avec une pose de la première pierre attendue au cours de l’année.

 En matière de résilience climatique, plusieurs avancées ont été mises en exergue : l’opérationnalisation, pour la deuxième année consécutive, de la cellule de veille de crise ; le déploiement de la caravane de sensibilisation climatique, rapprochant l’action de l’OMVS des populations riveraines ; l’établissement, pour la première fois, d’un état de référence scientifique de la qualité des eaux du bassin, constituant un jalon majeur pour la prise de décision.

L’innovation occupe également une place centrale dans la vision du Haut-Commissaire, avec le lancement du Digital Twin du bassin, ou jumeau numérique, intégrant données satellitaires, climatiques, hydrologiques et intelligence artificielle, ainsi que la mise en place d’un système d’alerte précoce et le développement d’une application mobile citoyenne, en partenariat avec la BAD, pour une surveillance participative du bassin.

Un appel à une gouvernance renforcée et à des décisions courageuses

Dans son intervention, le Président en exercice du Conseil des ministres, Boubacar Diané, a insisté sur la nécessité de revisiter et d’adapter le modèle de gouvernance de l’OMVS afin de mieux répondre aux défis climatiques, sociaux et environnementaux actuels. Il a appelé à une gouvernance plus agile, inclusive et résiliente, capable d’anticiper les mutations et de renforcer l’impact des actions de l’Organisation.

En conclusion de son discours, le Haut-Commissaire Mohamed Abdel Vetah a identifié trois enjeux majeurs appelant une responsabilité collective : la concrétisation du projet de navigation, la maintenance des ouvrages et la sécurité énergétique, ainsi que la protection de la qualité des eaux face aux pollutions croissantes.

2026, une année décisive pour le bassin du fleuve Sénégal

Pour l’OMVS, 2026 doit être l’année de la concrétisation : celle de la navigation sur le fleuve Sénégal, du renforcement durable de la sécurité énergétique, de la protection effective de la qualité de l’eau et de la consolidation des acquis au service des populations.

La 78ᵉ session ordinaire du Conseil des ministres se poursuivra jusqu’au 31 janvier 2026 avec l’examen et l’adoption des rapports d’activités, des programmes et du budget 2026.

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