«L’eau est un instrument de coopération et de stabilité en Afrique de l’Ouest »,Alexis Kouassi

Lors d’un panel consacré au thème « Renforcer la sécurité hydrique, la paix et le développement en Afrique de l’Ouest grâce à la coopération transfrontalière », Mr Alexis Kouassi, Directeur du Centre de gestion des ressources en eau de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), a mis en avant le rôle central de l’hydrodiplomatie dans une région marquée par une forte interdépendance hydrique.

Organisé par le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS), en marge de la réunion préparatoire de haut niveau de la Conférence des Nations Unies sur l’eau, ce panel a offert un cadre d’échanges stratégique sur les liens entre gestion transfrontalière de l’eau, prévention des conflits et intégration régionale. Les discussions ont été modérées par Tanya Merceron, conseillère climat et sécurité à l’UNOWAS.

L’Afrique de l’Ouest constitue, selon Alexis Kouassi, un espace particulièrement emblématique de la diplomatie de l’eau. La sous-région concentre près du quart des cours d’eau transfrontaliers du continent africain et s’est dotée, au fil des années, d’un cadre institutionnel solide pour la gestion concertée de ces ressources, a-t-il indiqué.

Le panel a réuni des représentants de six organismes de bassins transfrontaliers, illustrant la diversité et la maturité de l’expérience ouest-africaine en matière de gouvernance partagée de l’eau. Parmi les institutions représentées figuraient notamment l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), l’Autorité du Bassin du Niger (ABN), l’Autorité du Bassin de la Volta (ABV) et l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie (OMVG), entre autres.

Alexis Kouassi a rappelé que chaque pays de la sous-région partage au moins un cours d’eau avec un ou plusieurs États voisins, une réalité qui rend indispensable la mise en place de mécanismes de gouvernance commune. Ces dispositifs permettent non seulement d’anticiper les tensions et de prévenir les conflits liés à l’eau, mais également de soutenir le développement local et régional, a-t-il souligné.

S’inscrivant dans le prolongement de la Convention des Nations Unies sur l’eau de 1992, les États ouest-africains ont progressivement mis en place des organismes de bassins transfrontaliers, avec l’appui de la CEDEAO à travers son Centre de gestion des ressources en eau. Cette approche concertée constitue aujourd’hui un socle important de la stabilité régionale et de l’intégration sous-régionale, a-t-il ajouté.

Ces échanges interviennent dans un contexte marqué par les préparatifs de la Conférence des Nations Unies sur l’eau. La réunion de haut niveau organisée à Dakar, en étroite collaboration avec l’État du Sénégal, permet d’harmoniser les positions de l’Afrique de l’Ouest et à renforcer sa voix collective sur la scène internationale.

Dans cette dynamique, la CEDEAO prévoit l’organisation du Forum régional de l’eau pour l’Afrique de l’Ouest, du 21 au 26 septembre 2026 à Abidjan, sous l’égide conjointe de la CEDEAO, de l’UEMOA et du CILSS. Ce rendez-vous régional devrait permettre d’élaborer un plaidoyer commun en amont de la Conférence des Nations Unies sur l’eau prévue à Abu Dhabi.

Les discussions porteront, entre autres, sur l’hydrodiplomatie, la prévention des conflits et le rôle stratégique de l’eau dans les politiques de développement. Pour la région, l’eau doit être placée au cœur des mécanismes de paix, de sécurité et de transformation économique, a insisté Alexis Kouassi.

Le thème retenu pour le Forum d’Abidjan, « L’eau pour transformer l’Afrique de l’Ouest », illustre cette vision. Il s’agit de dépasser l’approche de l’eau comme simple ressource pour en faire un levier de croissance, de cohésion sociale et d’intégration régionale. C’est ce message que l’Afrique de l’Ouest entend porter collectivement à la Conférence des Nations Unies sur l’eau.

Par Ndeye Magatte Kebe , Fondatrice Hydrodiplomacy

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