Algérie-Tunisie-Libye : réactivation du mécanisme de concertation sur la gestion des eaux souterraines communes

L’Algérie, la Tunisie et la Libye ont signé, mercredi à Alger, un accord portant réactivation du mécanisme de concertation sur la gestion des eaux souterraines communes dans le Sahara septentrional.

Le document est signé par le ministre algérien de l’Hydraulique, Taha Derbal, le ministre tunisien de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, Abdelmonem Belati, et le vice-ministre libyen des Ressources en eau, Mohammed Faraj Qunidi.

S’exprimant à cette occasion, le ministre algérien a estimé que l’accord « ouvre une nouvelle page prometteuse en matière de coordination et de coopération entre nos pays dans un domaine vital sous-tendant tout processus de développement, à savoir les ressources en eau ».

La signature de cet accord, a-t-il rappelé, intervient deux jours après le premier sommet tripartite entre l’Algérie, la Tunisie et la Libye. Il traduit, selon lui, « la ferme volonté de dynamiser les économies des trois pays et de relever les défis imposés par la conjoncture actuelle dans notre région, a ajouté le ministre ».

Taha Derbal a affirmé, dans la foulée, que « cet accord permettra aux pays signataires d’approfondir leur connaissance de leurs ressources hydriques communes dans le Sahara septentrional et d’intensifier l’échange d’informations dans ce cadre ».

Pour le ministre tunisien de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, cet accord « ouvre de grandes perspectives de coopération régionale et contribue à renforcer la sécurité alimentaire et hydrique et, partant, la sécurité nationale des pays signataires, afin que le bassin du Sahara septentrional demeure une source de vie et de prospérité ».

De son côté, le vice-ministre libyen des Ressources en eau a mis en avant « les nombreux défis auxquels la région est confrontée » qui requièrent, a-t-il dit, un renforcement de la coopération et de la coordination entre les trois pays dans divers domaines, et c’est ce qui a été concrétisé lors de la dernière réunion de Tunis.

L’Algérie, la Tunisie et la Libye se partagent l’une des plus grandes nappes souterraines au monde. Il s’agit de la nappe albienne qui s’étend sur une zone de presque deux fois plus grande que la France, située entre le sud-est algérien, l’ouest de la Libye et le sud de la Tunisie.

70 % de cette nappe sont situés en Algérie, 20% en Libye et 10% en Tunisie.

Cette méga-source sous-terraine renferme, selon les estimations des experts, entre 40 000 et 50 000 milliards de m3 d’eaux.

Ces eaux se trouvent à des profondeurs allant parfois jusqu’à 2000 mètres, ce qui rend son exploitation onéreuse, d’autant qu’il faudra aussi un équipement spécifique pour refroidir l’eau extraite qui jaillit à des températures avoisinant les 60 degrés.

L’idée de mettre en place un mécanisme de gestion de cette ressource entre les trois pays remonte à 2005, et cela, dans le cadre d’un projet de l’Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS).

Ils ont alors décidé de mettre en place un mécanisme de gestion concertée de leurs ressources en eaux profondes. Un accord fut conclu pour une gestion équitable et raisonnable de cette nappe, dont le suivi est confié à l’OSS.

Source : Agence Anadolu

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