Bassin du lac Tchad : un projet de 10 millions de dollars pour préparer la restauration durable du lac

Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), la Commission du bassin du lac Tchad (CBLT) et les cinq États membres de l’institution régionale ont officiellement lancé le Projet d’assistance technique à la restauration des fonctions écologiques et économiques du bassin du lac Tchad (PARFEBALT). Dotée d’un financement de 10 millions de dollars américains du Fonds africain de développement, complété par une contribution de la CBLT représentant 10 % du coût total, cette initiative vise à préparer les investissements nécessaires à la revitalisation durable du lac Tchad et au renforcement de la résilience des populations riveraines.

Le projet a pour objectif d’améliorer les connaissances sur les ressources en eau, de renforcer leur gouvernance et de créer les conditions favorables à la mobilisation de financements pour un vaste programme régional de restauration écologique et économique du bassin.

À l’ouverture de l’atelier de lancement, le président en exercice du Conseil des ministres de la CBLT et ministre tchadien de l’Eau et de l’Énergie, Passalet Kanabé Marcelin, a rappelé que le bassin du lac Tchad constitue une source de subsistance essentielle pour des millions de personnes vivant de l’agriculture, de la pêche et de l’élevage. Face aux effets du changement climatique, à la dégradation des écosystèmes et à la pression croissante sur les ressources naturelles, il a souligné l’importance stratégique du PARFEBALT pour préparer les futurs investissements et renforcer la gouvernance des ressources en eau.

Les études prévues dans le cadre du projet porteront notamment sur l’amélioration des systèmes hydrologiques Chari-Logone et Komadougou-Yobé, principaux contributeurs aux apports en eau du lac, ainsi que sur les différentes options d’aménagement susceptibles d’accroître durablement son niveau. Les analyses intégreront également les dimensions environnementales, climatiques, économiques et sociales afin d’identifier les solutions les plus adaptées à la restauration du bassin.

Le projet prévoit également la mise en place d’un système régional d’alerte précoce destiné à améliorer la prévision des inondations et des sécheresses. Des outils modernes de modélisation et de planification des ressources en eau seront développés afin de fournir aux États membres des données fiables pour orienter leurs politiques de gestion de l’eau et renforcer la résilience des communautés.

Prenant la parole au nom de la Banque africaine de développement, Francis Dogo, responsable du bureau pays pour le Tchad, a rappelé que le lac Tchad a connu une réduction spectaculaire de sa superficie au cours des dernières décennies, passant d’environ 25 000 km² dans les années 1960 à près de 2 500 km² durant les périodes les plus sèches, même si une légère amélioration a été observée ces dernières années.

Il a également souligné que les sécheresses, les inondations, la surexploitation des ressources naturelles, les conflits liés à l’accès aux ressources ainsi que l’insécurité continuent de fragiliser la région. Selon lui, une gestion concertée des ressources en eau transfrontalières demeure indispensable pour renforcer l’intégration régionale, la sécurité alimentaire et la résilience des populations.

Les participants ont estimé que les études et les outils développés dans le cadre du PARFEBALT constitueront une base technique essentielle pour mobiliser des financements à grande échelle en faveur de la restauration du bassin du lac Tchad. L’ambition est de soutenir un programme régional capable de restaurer les fonctions hydrauliques du lac, de renforcer les activités agricoles, pastorales et halieutiques, de réduire la vulnérabilité des populations face aux chocs climatiques et de contribuer à la stabilité d’une région qui compte plus de 40 millions d’habitants.

À l’issue de l’atelier, plusieurs recommandations ont été formulées, notamment le renforcement de la communication autour du projet pour faciliter la mobilisation des partenaires financiers, l’accélération de la mise en place des structures focales nationales, le renforcement du Comité technique de suivi par des expertises de haut niveau et l’amélioration des mécanismes de suivi-évaluation.

La Banque africaine de développement a enfin réaffirmé son engagement à accompagner durablement la Commission du bassin du lac Tchad et ses États membres dans la mise en œuvre de cette initiative régionale destinée à restaurer l’un des plus importants écosystèmes d’eau douce du continent africain.

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