Eswatini : un projet d’eau potable redonne espoir à 35 000 habitants de la région de Manzini

Après des décennies marquées par les pénuries d’eau, les longues marches vers les points d’approvisionnement et une dépendance aux camions-citernes, les habitants de la région de Manzini, en Eswatini, entrevoient enfin la fin d’une crise qui a profondément marqué leur quotidien. Soutenu par le Groupe de la Banque africaine de développement, le Projet d’approvisionnement en eau et d’assainissement de la région de Manzini affiche désormais un taux d’exécution de 92 % et devrait être mis en service avant la fin de l’année.

Une infrastructure pour transformer le quotidien

Lancé en mars 2024 par le gouvernement de l’Eswatini, ce projet ambitionne de garantir un accès durable à l’eau potable aux communautés des zones de Nhlambeni, Manzini Sud, Mthongwaneni, Mafutseni et Manzini Nord.

L’infrastructure comprend une station de traitement d’eau d’une capacité de 25 millions de litres par jour, alimentée par un réseau de conduites principales et des réservoirs capables de stocker 21 millions de litres d’eau. Plus de 350 kilomètres de canalisations sont en cours d’installation, ainsi que 14 bornes-fontaines et 20 installations sanitaires publiques, afin de rapprocher les services d’eau potable des populations.

Une fois opérationnel, le projet permettra de fournir un accès fiable à l’eau potable à près de 35 000 habitants.

Des chiffres qui illustrent les défis

Malgré les progrès réalisés ces dernières années, l’accès à l’eau demeure un défi majeur en Eswatini.

Selon les données nationales, 80,4 % de la population ont accès à un service de base en eau potable, mais seulement 38,2 % bénéficient d’un service d’eau géré de manière sûre. En matière d’assainissement, 64,5 % de la population disposent d’un service de base, tandis que 60,8 % ont accès à des services d’assainissement sécurisés.

Ces écarts expliquent l’importance stratégique du projet de Manzini pour atteindre l’objectif national d’un accès universel à l’eau et à l’assainissement d’ici 2030.

Une attente qui touche à sa fin

Dans plusieurs localités, les premiers effets du projet sont déjà visibles. Grâce aux interconnexions entre les anciens et les nouveaux réseaux, la pression de l’eau s’est améliorée et les périodes de distribution ont été prolongées.

Lors d’une mission de supervision menée par le Groupe de la Banque africaine de développement en mai 2026, les habitants ont partagé leurs attentes et les difficultés auxquelles ils restent confrontés : coûts élevés de l’achat d’eau, longues distances parcourues pour rejoindre les sources naturelles et partage des points d’eau avec le bétail.

Pour Jabulile Dlamini, membre du conseil traditionnel de Khamatho, cette infrastructure représente bien plus qu’un simple chantier : « Nous avons hâte que l’eau coule de nos robinets 24 heures sur 24. L’attente a été longue et éprouvante pour notre communauté. »

Un investissement au service de la santé et du développement

Au-delà de l’accès à l’eau potable, le projet devrait améliorer durablement les conditions de vie des populations. Les communautés espèrent une réduction des maladies liées à l’eau, une baisse des dépenses des ménages consacrées à l’approvisionnement, ainsi que de nouvelles opportunités économiques, notamment grâce au développement de petits jardins maraîchers.

L’installation de compteurs prépayés, la création de bornes-fontaines et la mise en place d’infrastructures sanitaires publiques devraient également contribuer à une gestion plus efficace et plus durable des ressources en eau.

Avec un chantier réalisé à 92 %, le projet d’approvisionnement en eau et d’assainissement de Manzini marque une étape décisive vers la sécurité hydrique en Eswatini. Pour des milliers de familles, il symbolise la fin d’une attente de plusieurs générations et l’ouverture d’un avenir où l’accès à une eau potable sûre ne sera plus un privilège, mais un droit.

Dernier

Côte d’Ivoire : un Comité local de l’eau créé pour le bassin de la rivière Loka

Un Comité local de l’eau et de l’assainissement...

Afrique australe : l’Afrique du Sud et le Zimbabwe envisagent un barrage de 440 millions d’euros

L’Afrique du Sud et le Zimbabwe pourraient renforcer leur...

Le Cap-Vert accueillera la deuxième édition du Forum régional de l’eau de l’Afrique de l’Ouest en 2027

Après Abidjan en 2026, le Forum régional de l’eau...

Eau : l’Afrique de l’Ouest prépare une position commune pour les négociations internationales

La première édition du Forum régional de l’eau de...

À ne pas manquer

Côte d’Ivoire : un Comité local de l’eau créé pour le bassin de la rivière Loka

Un Comité local de l’eau et de l’assainissement...

Afrique australe : l’Afrique du Sud et le Zimbabwe envisagent un barrage de 440 millions d’euros

L’Afrique du Sud et le Zimbabwe pourraient renforcer leur...

Le Cap-Vert accueillera la deuxième édition du Forum régional de l’eau de l’Afrique de l’Ouest en 2027

Après Abidjan en 2026, le Forum régional de l’eau...

Eau : l’Afrique de l’Ouest prépare une position commune pour les négociations internationales

La première édition du Forum régional de l’eau de...

La Convention des Nations Unies sur l’eau distinguée à Abidjan

À l’occasion de la première édition du Forum régional...

Côte d’Ivoire : un Comité local de l’eau créé pour le bassin de la rivière Loka

Un Comité local de l’eau et de l’assainissement (CLEA) du bassin versant de la rivière Loka a été créé à Sakassou, à l’issue...

Afrique australe : l’Afrique du Sud et le Zimbabwe envisagent un barrage de 440 millions d’euros

L’Afrique du Sud et le Zimbabwe pourraient renforcer leur coopération dans le domaine de l’eau avec la construction d’un nouveau barrage destiné à approvisionner...

Le Cap-Vert accueillera la deuxième édition du Forum régional de l’eau de l’Afrique de l’Ouest en 2027

Après Abidjan en 2026, le Forum régional de l’eau de l’Afrique de l’Ouest (FREAO) mettra le cap sur le Cap-Vert. Le pays a été...

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici