À Djibouti, les autorités poursuivent la mise en œuvre d’un important programme destiné à améliorer l’accès à l’eau potable dans les zones rurales, grâce à un financement de 35 millions de dollars accordé par le Groupe de la Banque mondiale en mars 2026.
Ce financement s’inscrit dans le cadre du Projet de résilience des eaux souterraines et d’approvisionnement en eau (DJIRESA), qui marque l’intégration du pays au Programme régional pour la résilience des eaux souterraines dans la Corne de l’Afrique. Cette initiative d’envergure, dotée de 455 millions de dollars, concerne également l’Éthiopie, le Kenya et la Somalie, avec une coordination assurée par l’Autorité intergouvernementale pour le développement.
Sur le terrain, le programme entre progressivement dans sa phase opérationnelle. Il vise à renforcer la résilience climatique d’au moins 167 000 personnes et à permettre à environ 127 000 habitants des zones rurales d’accéder à des services de base en eau potable. Des travaux de construction et de réhabilitation d’infrastructures hydrauliques sont en cours afin d’élargir l’accès à cette ressource essentielle.

Au-delà des infrastructures, les autorités misent sur la durabilité des installations. Le projet prévoit ainsi la professionnalisation de l’exploitation et de la maintenance des ouvrages, un enjeu majeur dans les zones rurales où de nombreuses installations tombent en panne faute d’entretien. Des actions de renforcement des capacités sont également déployées au sein des services publics, notamment au niveau de la Direction de l’hydraulique rurale.
Par ailleurs, un système national de gestion des informations sur les eaux souterraines est en cours de mise en place. Connecté à une plateforme régionale, il doit permettre une meilleure planification et une gestion plus efficace des ressources hydriques. L’élaboration d’un plan directeur national de l’eau figure également parmi les priorités.
Pour le gouvernement djiboutien, cet investissement s’inscrit dans une vision de long terme. Les autorités rappellent que l’accès à l’eau constitue un pilier du développement humain et économique, en cohérence avec les ambitions de transformation du pays à l’horizon 2035.
Le défi reste toutefois considérable. Avec des ressources en eau renouvelable très limitées — bien en dessous du seuil de pénurie hydrique — le pays fait face à une pression croissante sur ses nappes phréatiques, aggravée par les effets du changement climatique. Sécheresses récurrentes, inondations et salinisation des eaux compliquent davantage la situation, en particulier dans les zones rurales, où moins de la moitié de la population dispose d’un accès de base à l’eau potable.
Dans ce contexte, le projet soutenu par l’Association internationale de développement apparaît comme un levier essentiel pour réduire les inégalités d’accès et renforcer la résilience des communautés les plus vulnérables. Il vise également à doter le pays d’outils durables pour une gestion plus efficace et équitable de ses ressources en eau.



