À quelques jours du Forum africain de l’eau, qui se tiendra les 15 et 16 juillet 2026 à N’Djamena (Tchad), les autorités tchadiennes et la Banque mondiale ont mis en lumière l’un des résultats les plus attendus de cette rencontre continentale : la présentation des compacts nationaux de l’eau, des feuilles de route destinées à transformer les engagements politiques en investissements concrets.
Présentés par chaque pays participant, ces compacts nationaux définiront les priorités d’investissement dans le secteur de l’eau pour les cinq prochaines années. Ils visent à améliorer la planification, renforcer la coordination entre les gouvernements et les partenaires techniques et financiers, et attirer davantage de financements pour répondre aux défis de l’accès à l’eau.
Selon le ministre tchadien des Finances, du Budget, de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale, Tahir Hamid Nguilin, ces documents stratégiques s’articuleront autour de trois axes prioritaires :
- L’eau pour les populations, afin de renforcer l’accès à l’eau potable et aux services d’assainissement ;
- L’eau pour l’agriculture et l’élevage, pour soutenir la sécurité alimentaire et le développement économique ;
- L’eau pour la préservation de l’environnement, dans un contexte marqué par les effets croissants du changement climatique.
Cette approche traduit une évolution majeure dans la gouvernance du secteur de l’eau en Afrique : il ne s’agit plus uniquement d’identifier les besoins, mais de disposer de plans nationaux d’investissement structurés, susceptibles de mobiliser les ressources publiques, les bailleurs de fonds et le secteur privé autour d’objectifs communs.
Lors de la conférence de presse organisée à N’Djamena, le représentant résident de la Banque mondiale au Tchad, Farouk Banna Mollah, a rappelé que l’eau constitue un levier essentiel de développement, de résilience et de prospérité. Il a appelé à passer de la vision à l’action grâce à une meilleure harmonisation des politiques, à la coopération transfrontalière et à des investissements durables. La Banque mondiale a d’ailleurs récemment approuvé un financement de 160 millions de dollars pour renforcer l’accès à l’eau et la résilience climatique au Tchad.
Au-delà des annonces financières, le Forum africain de l’eau ambitionne de créer une dynamique continentale autour de ces compacts nationaux. Les échanges entre États, institutions financières, partenaires techniques et secteur privé devraient aboutir à une Déclaration des chefs d’État africains, qui fixera les grandes orientations de la politique de l’eau en Afrique pour la prochaine décennie.
Pour les acteurs de l’hydrodiplomatie, ces compacts représentent un outil stratégique. En alignant les priorités nationales sur les objectifs régionaux et internationaux, ils peuvent renforcer la coopération entre les pays, favoriser des investissements coordonnés et accélérer la réalisation des engagements africains en matière de sécurité hydrique.
Source : Conférence de presse du Gouvernement du Tchad et Banque mondiale, rapportée par Tchadinfos (11 juillet 2026).



