Diplomatie de l’eau : Nizar Baraka présente la stratégie du Maroc pour renforcer la coopération africaine

En marge du Forum ELI Morocco 2026, organisé le 13 juin à Tanger dans le cadre de la 14e édition du Festival International Équestre MATA, le ministre marocain de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a exposé la vision du Royaume en matière de gestion des ressources hydriques et réaffirmé son engagement en faveur d’une coopération africaine renforcée autour des enjeux liés à l’eau.

Invité du panel intitulé « Infrastructures portuaires et grands projets structurants », le ministre a mis en lumière les investissements majeurs engagés par le Maroc dans les secteurs de l’eau, des infrastructures et de la logistique.

Répondant à une question de notre rédaction sur la contribution du Maroc à la diplomatie africaine de l’eau, Nizar Baraka a rappelé que le Royaume joue un rôle actif au sein du Conseil des ministres africains chargés de l’eau (AMCOW), dont il assure actuellement la vice-présidence, tandis que le Sénégal en assure la présidence.

Selon le ministre, le Maroc a développé un modèle de gestion fondé sur un « mix hydrique » combinant la mobilisation de l’eau à travers les barrages, les transferts interbassins, le dessalement de l’eau de mer, la gestion intégrée des ressources hydriques ainsi que l’amélioration de l’efficience de l’eau. Le Royaume a également signé de nombreux accords de coopération avec des pays africains afin de partager son expertise et ses bonnes pratiques.

Une stratégie ambitieuse face au stress hydrique

Nizar Baraka a souligné que la nouvelle politique de l’eau du Maroc, mise en œuvre conformément aux Hautes Instructions Royales, vise à répondre aux effets croissants de la sécheresse à travers la diversification des ressources hydriques et le recours accru aux ressources non conventionnelles.

Cette stratégie repose notamment sur la réutilisation des eaux usées traitées, l’interconnexion des bassins hydrauliques et le transfert des eaux se jetant en mer afin d’assurer une gestion plus efficiente des ressources en eau.

Le ministre a indiqué que la capacité de dessalement de l’eau de mer du Maroc est passée de 46 millions de mètres cubes en 2021 à plus de 400 millions de mètres cubes en 2026. De nouvelles stations de dessalement sont en cours de développement dans plusieurs villes du Royaume, notamment à Rabat, Casablanca, Tanger, Nador, Dakhla, Guelmim et dans la région du Souss.

Selon lui, ces infrastructures fonctionneront exclusivement grâce aux énergies renouvelables, permettant au Maroc de se positionner parmi les leaders mondiaux de la production d’eau dessalée à faible coût. À l’horizon 2030, près de 60 % de l’eau potable du Royaume devrait provenir du dessalement.

Le Maroc veut porter la voix de l’Afrique sur l’eau

À l’approche de la prochaine Conférence des Nations unies sur l’eau, le ministre a réaffirmé la volonté du Maroc de contribuer à l’élaboration d’une feuille de route africaine commune pour une gestion durable et solidaire des ressources hydriques. Une rencontre préparatoire est d’ailleurs prévue en septembre afin de renforcer la contribution africaine à ce rendez-vous international.

Le ministre a également mis en avant les initiatives de partage des connaissances portées par le Royaume, notamment la création d’un Institut de l’eau au sein de l’École Hassania des Travaux Publics, ouvert aux chercheurs de l’ensemble du continent africain.

Cette intervention illustre la volonté du Maroc de faire de la diplomatie de l’eau un levier de coopération, de résilience et de développement durable au service de l’Afrique.

Cette 14e édition du Festival International Équestre MATA s’est également distinguée par l’organisation de la première édition du Forum ELI Morocco 2026, un rendez-vous de haut niveau initié par la Fondation MATA, présidée par Nabil Baraka. Le forum a réuni de nombreuses personnalités politiques, économiques et institutionnelles, ainsi que des décideurs, dirigeants d’entreprises, leaders d’opinion et experts du dialogue interculturel autour de la Vision Maroc 2030 et des opportunités de développement et d’investissement en Afrique.

Parmi les intervenants figuraient notamment Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l’Eau, Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du Commerce, Fatima Ezzahra El Mansouri, ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville, Younes Sekkouri, ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, ainsi que Nabil Baraka, président du Forum ELI Morocco. À travers cette initiative, la Fondation MATA entend renforcer les passerelles économiques, culturelles et stratégiques entre le Maroc et le reste du continent africain.

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