OMVG : à Bissau, les quatre États membres réaffirment leur engagement en faveur de la coopération régionale et relancent le dossier de Sambangalou

Réunis le 31 octobre 2026 à Bissau, les ministres de l’Hydraulique et de l’Énergie de la Gambie, de la Guinée, de la Guinée-Bissau et du Sénégal ont tenu la 52e session ordinaire du Conseil des Ministres de l’Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Gambie (OMVG). Au menu des échanges, l’avenir du barrage hydroélectrique de Sambangalou, l’adoption du budget 2026, la réforme institutionnelle et le respect des engagements financiers des États membres.

La coopération autour du bassin du fleuve Gambie franchit une nouvelle étape. À l’occasion de sa 52e session ordinaire, tenue à Bissau, en Guinée-Bissau, le Conseil des Ministres de l’OMVG a examiné le bilan des activités de l’Organisation et défini les orientations stratégiques et financières pour l’année 2026.

Cette rencontre, qui réunit les représentants des quatre États membres, constitue un rendez-vous important pour la gouvernance des ressources en eau partagées et la consolidation de la coopération sous-régionale.

Sambangalou, un projet stratégique toujours au cœur des discussions

Le projet hydroélectrique de Sambangalou a occupé une place centrale dans les discussions. Cette infrastructure, considérée comme un levier majeur de production énergétique et d’intégration régionale, demeure un dossier prioritaire pour les États membres.

À cette occasion, le ministre sénégalais de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Dr Cheikh Tidiane Dièye, a réaffirmé l’engagement du Sénégal à entreprendre les diligences nécessaires pour favoriser une reprise rapide des travaux du barrage, conformément aux orientations et décisions antérieures du Conseil des Ministres.

Cette réaffirmation traduit la volonté de maintenir le projet parmi les priorités de coopération régionale, même si sa concrétisation reste tributaire de la mobilisation des ressources et de la coordination entre les différentes parties prenantes.

Budget 2026 et discipline financière : des engagements à concrétiser

Sur le plan institutionnel et financier, les ministres ont adopté le programme d’activités ainsi que le budget 2026 de l’OMVG. Plusieurs résolutions et décisions ont également été prises afin de consolider les acquis et d’accélérer la mise en œuvre des programmes communautaires.

Toutefois, la réalisation de ces ambitions repose sur la capacité des États membres à honorer leurs engagements financiers. Le Conseil a ainsi lancé un appel à la Gambie, à la Guinée, à la Guinée-Bissau et au Sénégal pour le règlement de leurs contributions au budget de fonctionnement de l’Organisation, au fonds de contrepartie et au capital social de la SOGESART.

La régularité de ces contributions constitue un enjeu essentiel pour assurer le fonctionnement des structures de l’OMVG et soutenir l’exécution de ses projets.

Une réforme institutionnelle pour renforcer la gouvernance

Au-delà des questions budgétaires, cette 52e session a également mis en évidence la nécessité de moderniser le cadre institutionnel de l’Organisation.

Les ministres ont insisté sur l’accélération de la révision des textes juridiques et institutionnels de l’OMVG, avec pour objectif de disposer d’un cadre mieux adapté aux exigences actuelles de gouvernance, d’efficacité et de performance.

Cette réforme apparaît comme un chantier important pour renforcer les capacités de l’Organisation à répondre aux défis liés à la gestion concertée des ressources naturelles et à la mise en œuvre des projets structurants du bassin.

La diplomatie de l’eau, un levier essentiel de l’intégration régionale

Au-delà des décisions administratives et financières, cette rencontre rappelle le rôle stratégique de l’OMVG dans la coopération entre les pays riverains du bassin du fleuve Gambie.

La gestion des ressources en eau partagées nécessite en effet une coordination permanente, une solidarité entre les États et des mécanismes institutionnels capables de transformer les engagements politiques en actions concrètes.

Dans un contexte marqué par les défis climatiques, énergétiques et environnementaux, la coopération autour du bassin du fleuve Gambie représente un enjeu majeur de sécurité hydrique et de stabilité régionale.

La 52e session du Conseil des Ministres ouvre ainsi une nouvelle séquence pour l’OMVG. L’enjeu sera désormais de traduire les décisions prises à Bissau en résultats tangibles, notamment à travers la relance du chantier de Sambangalou, la mobilisation des ressources financières et le renforcement de la gouvernance institutionnelle.

Pour les quatre États membres, l’avenir de l’OMVG dépendra autant de leur volonté politique de coopérer que de leur capacité à respecter leurs engagements et à construire une vision commune de la gestion et de la valorisation des ressources en eau du bassin du fleuve Gambie.

Dernier

À ne pas manquer

Algérie : à Tlemcen, une conférence internationale recommande un réseau scientifique pour protéger les eaux transfrontalières

L’Université de Tlemcen, en Algérie, a accueilli du 26 au 29 octobre 2026 la Conférence internationale sur la protection et l’utilisation des cours d’eau...

Semaine du Caire pour l’eau 2026 : la Tunisie, l’Égypte et la Libye renforcent le dialogue sur la sécurité hydrique

La Tunisie, l’Égypte et la Libye souhaitent renforcer leur coopération dans la gestion des ressources en eau. En marge de la neuvième édition de...

Afrique de l’Est : L’Éthiopie appelle à renforcer la coopération autour des cours d’eau partagés

L’Éthiopie appelle les pays de la région à renforcer leur coopération pour assurer une gestion équitable et durable des cours d’eau transfrontaliers. Cet appel...

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici