« La coopération avec les pays du bassin du Nil est une priorité pour l’Égypte », affirme Alaa Youssef

Le président de l’Organisme général de l’information (OGI) égyptien, Alaa Youssef, a réaffirmé la volonté du Caire de renforcer sa coopération avec les pays du bassin du Nil. Dans une tribune publiée le 28 septembre dans Egypt Today Gazette, il présente la coopération régionale, le développement et la sécurité hydrique comme des enjeux pouvant être poursuivis conjointement.

Pour Alaa Youssef, la sécurité hydrique et le développement durable ne constituent pas deux objectifs opposés. Le responsable égyptien estime qu’ils peuvent être poursuivis simultanément à travers la coopération, la coordination entre les États riverains et le respect du droit international.

Dans sa tribune, il affirme que l’Égypte reconnaît le droit des pays africains au développement. Le Caire considère toutefois que les projets liés aux ressources en eau doivent, selon lui, s’inscrire dans une logique de coopération et ne pas porter atteinte aux intérêts des autres États riverains des cours d’eau internationaux. L’Égypte rejette également les mesures unilatérales qu’elle estime contraires au droit international dans le bassin oriental du Nil.

Des projets hydrauliques dans plusieurs pays africains

Parallèlement à la défense de ses intérêts hydriques, l’Égypte met en avant les projets de coopération qu’elle mène avec plusieurs pays du continent. Alaa Youssef cite notamment le barrage Julius Nyerere en Tanzanie, présenté comme un exemple important de partenariat égyptien dans le domaine du développement.

Le responsable égyptien évoque également plusieurs projets consacrés à l’accès à l’eau et aux infrastructures hydrauliques. Selon les données qu’il avance, l’Égypte a notamment construit 28 stations de relevage au Soudan du Sud, 180 puits alimentés à l’énergie solaire au Kenya, 12 stations en République démocratique du Congo, 10 puits au Soudan, 75 puits en Ouganda et 60 puits en Tanzanie.

Des aménagements hydrauliques ont également été réalisés sur quatre sites au Soudan du Sud, tandis que 28 réservoirs terrestres ont été construits en Ouganda.

La coopération porte aussi sur la surveillance et la gestion des ressources en eau. Des centres de prévision des pluies ont notamment été créés en République démocratique du Congo. L’Égypte indique également avoir contribué à la mise en place d’un laboratoire d’analyse de la qualité de l’eau, ainsi qu’à la préparation d’un centre de prévision des précipitations au Soudan du Sud.

En Ouganda, deux projets ont par ailleurs été consacrés à la lutte contre les plantes aquatiques envahissantes et à la protection des populations contre les inondations. Des études techniques ont également été menées sur la gestion intégrée des ressources en eau.

100 millions de dollars et 1 650 personnes formées

Selon Alaa Youssef, ces différentes initiatives représentent un investissement total de 100 millions de dollars, financé par le gouvernement égyptien. Il souligne également le rôle de l’Agence égyptienne pour le partenariat en vue du développement et de l’initiative égyptienne destinée à soutenir le développement des pays du bassin du Nil.

Le renforcement des capacités constitue également un volet de cette coopération. L’Égypte affirme avoir organisé des programmes de formation auxquels ont participé 1 650 personnes originaires de 52 pays africains.

Pour le responsable égyptien, ces initiatives doivent être considérées comme les composantes d’une politique plus large visant à renforcer les capacités des pays africains et à développer des partenariats autour de secteurs stratégiques.

La diplomatie de l’eau passe aussi par le dialogue

Au-delà des infrastructures et des projets de développement, Alaa Youssef insiste sur l’importance du dialogue. Il estime que les relations entre les États ne peuvent pas reposer uniquement sur les accords et les mémorandums, mais nécessitent également des relations fondées sur la compréhension, la confiance et la communication entre les peuples.

L’OGI entend ainsi renforcer la communication autour de la position égyptienne sur les questions liées à l’eau et au bassin du Nil. Son site internet propose des contenus en neuf langues, dont le swahili, l’amharique et le haoussa, et l’organisme affirme maintenir des échanges réguliers avec les médias internationaux.

Cette stratégie de communication s’est notamment illustrée lors d’une récente conférence de presse organisée au profit du ministre égyptien des Ressources en eau et de l’Irrigation, en présence de représentants de médias internationaux.

« Une voix de la raison, un partenaire du développement »

En conclusion, Alaa Youssef réaffirme que l’Égypte, dont l’histoire et le développement sont étroitement liés au Nil, privilégie selon lui la coopération au conflit et considère le développement comme un élément de la sécurité et de la stabilité.

« L’avenir de la région ne se construit pas par l’affrontement, mais par une coopération fondée sur le respect mutuel et la défense des intérêts communs », affirme-t-il, présentant ainsi la coopération avec les pays du bassin du Nil comme un axe important de la politique africaine de l’Égypte.

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