La Namibie accueillera le siège du Global Water Partnership

L’eau s’installe au cœur des priorités internationales pour 2026. À la tribune de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, la Présidente de la République de Namibie, Dr Netumbo Nandi-Ndaitwah, a annoncé que son pays accueillera le siège du Global Water Partnership (GWP), une première pour l’organisation dont le siège sera désormais situé dans le Sud global.Cette annonce intervient alors que les effets du changement climatique accentuent les sécheresses, les inondations, la désertification et la dégradation des terres en Afrique.

La Namibie met l’accent sur la gestion de l’eau

Pays aride, la Namibie fait face à des sécheresses récurrentes, à la hausse des températures et à une pression croissante sur l’agriculture et les ressources en eau.Dans son discours, la Présidente a insisté sur plusieurs priorités : l’utilisation prudente et la conservation de l’eau, la gestion intégrée des ressources en eau, la recharge des eaux souterraines ainsi que l’investissement dans des infrastructures hydrauliques durables.Elle a également rappelé l’importance de la mise en œuvre de la Déclaration de Namib, adoptée à Windhoek lors de la COP 11, comme contribution à la réponse collective à la désertification, à la dégradation des terres et à la sécheresse.

L’investissement, au cœur de l’enjeu africain

Cette priorité a également été mise en avant lors de la réunion du Panel international de haut niveau sur les investissements dans l’eau en Afrique et la coopération mondiale, organisée le 21 septembre en marge de l’Assemblée générale des Nations unies. Présidée par Dr Netumbo Nandi-Ndaitwah, la rencontre a réuni notamment le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, le ministre sénégalais de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, Cheikh Niang, représentant le Président Bassirou Diomaye Faye, ainsi que l’ancien président tanzanien Jakaya Kikwete.

La Présidente namibienne a souligné que le défi de l’eau en Afrique est avant tout lié au manque d’investissement et de mise en œuvre. Elle a notamment évoqué les efforts de la Namibie pour développer et diversifier ses infrastructures hydrauliques, y compris à travers le dessalement.Elle a appelé à accélérer la préparation des projets, à renforcer les mécanismes de réduction des risques et à mobiliser davantage de financements en amont de la Conférence des Nations unies sur l’eau de 2026.

Le Sénégal appelle à transformer les projets en investissements

Représentant le Sénégal lors de cette rencontre, le ministre Cheikh Niang a réaffirmé l’engagement du pays, en tant que co-organisateur de la Conférence des Nations unies sur l’eau de 2026, à placer l’investissement dans l’eau au centre des résultats concrets de cette conférence.Il a insisté sur la nécessité de transformer les projets identifiés en initiatives bancables et prêtes à recevoir des investissements, avec l’appui de mécanismes efficaces de réduction des risques et de financement mixte.Cette approche rejoint l’appel lancé lors de la rencontre à passer des engagements et de l’identification des projets à des investissements concrets, bancables et réalisables.

Un besoin de financement estimé à 50 milliards de dollars par an

À l’échelle continentale, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a souligné l’ampleur du défi. Selon lui, environ 50 milliards de dollars par an seraient nécessaires pour atteindre la sécurité hydrique et l’assainissement d’ici 2030.Il a également mis en avant les retombées socio-économiques importantes des investissements dans l’eau et appelé à renforcer l’action collective, les systèmes d’alerte précoce, la planification des réponses aux crises et la mobilisation des ressources face au changement climatique et aux autres chocs extérieurs.

Le GWP s’installe dans le Sud global

C’est dans ce contexte que la Namibie accueillera le siège du Global Water Partnership, qui sera pour la première fois situé dans le Sud global.L’organisation affiche pour ambition de contribuer à la transformation des investissements en faveur d’un monde résilient au changement climatique et sécurisé sur le plan hydrique.Pour la Namibie, cette nouvelle implantation s’inscrit dans une dynamique de coopération autour de l’eau, alors que les pays africains cherchent à accélérer les investissements et la mise en œuvre de solutions concrètes.

Une échéance internationale en 2026

Les discussions tenues à New York s’inscrivent dans la préparation de la Conférence des Nations unies sur l’eau de 2026.Les participants ont réaffirmé la nécessité de renforcer les partenariats internationaux et de passer des engagements aux projets effectivement financés et mis en œuvre.

À travers les messages portés par la Namibie, le Sénégal et l’Union africaine, l’eau apparaît ainsi comme un enjeu qui dépasse la seule gestion des ressources. Elle est désormais directement liée aux investissements, aux infrastructures, au financement et à la coopération internationale. L’annonce de l’installation du siège du GWP en Namibie intervient dans cette dynamique, à quelques mois de la conférence internationale de l’ONU consacrée à l’eau.

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