Le Niger a lancé les travaux de construction d’une troisième usine de traitement d’eau potable à Karey Gorou, dans la périphérie de Niamey. D’un coût annoncé de 166 milliards de FCFA, le projet doit accroître de 100 000 m³ par jour la capacité de production d’eau potable de la capitale et permettre 45 000 nouveaux raccordements sociaux.
La capitale nigérienne franchit une nouvelle étape dans le renforcement de ses infrastructures hydrauliques. Les travaux de la troisième usine de traitement d’eau potable de Niamey ont été lancés à Karey Gorou, sur la rive droite du fleuve Niger.
Selon les informations rapportées par l’Agence de presse nigérienne et reprises par Benin Web TV, l’investissement est estimé à 166 milliards de francs CFA. La future infrastructure devrait produire 100 000 mètres cubes d’eau potable supplémentaires par jour.
Les travaux sont prévus pour une durée de 30 mois et seront réalisés en neuf lots.
Une réponse à la croissance de la demande en eau
Le projet intervient dans un contexte de croissance démographique et d’expansion urbaine de Niamey. L’augmentation de la population exerce une pression croissante sur les infrastructures existantes de production et de distribution d’eau potable.
L’objectif affiché est donc double : augmenter la capacité de production et améliorer la continuité de l’approvisionnement dans la capitale.
Au-delà de la construction de l’usine, le programme prévoit également le renforcement et l’extension du réseau de distribution.
45 000 nouveaux raccordements pour environ 450 000 personnes
L’un des volets majeurs du projet concerne l’accès des populations au service d’eau potable.
Les autorités prévoient 45 000 nouveaux raccordements sociaux, qui devraient bénéficier à environ 450 000 personnes.
Cette composante est particulièrement importante dans une perspective de sécurité hydrique. La disponibilité de ressources et de capacités de production supplémentaires ne garantit en effet pas, à elle seule, un accès équitable à l’eau. La qualité des réseaux de distribution, le coût du raccordement et la capacité des ménages à accéder durablement au service constituent également des enjeux essentiels.
Un investissement inscrit dans une stratégie plus large
Le chantier s’inscrit dans le cadre de la Plateforme intégrée pour la sécurité de l’eau au Niger, avec le soutien de la Banque mondiale.
Selon les données citées dans l’article source, les investissements de la Banque mondiale dans le secteur de l’eau au Niger dépassent 800 millions de dollars, soit environ 468 milliards de FCFA.
La troisième usine de Niamey doit ainsi être considérée comme une composante d’un effort plus large visant à renforcer les infrastructures hydrauliques du pays.
De l’infrastructure à la sécurité hydrique
Pour Niamey, l’enjeu dépasse la seule construction d’une nouvelle usine. L’augmentation des capacités de traitement doit s’accompagner d’une gestion durable de la ressource, d’investissements dans les réseaux, d’une maintenance efficace des infrastructures et d’une gouvernance permettant de garantir un accès continu et équitable à l’eau.
Dans un contexte sahélien marqué par une forte croissance urbaine, les investissements dans l’eau potable deviennent également des investissements dans la résilience des villes, la santé publique et la stabilité sociale.
Le projet de Karey Gorou illustre ainsi une tendance qui concerne de nombreuses capitales africaines : répondre à l’augmentation de la demande en eau nécessite désormais de penser simultanément production, distribution, gouvernance, financement et équité d’accès.
Pour Niamey, les 100 000 m³ supplémentaires attendus par jour constituent une nouvelle capacité importante. Le défi sera désormais de transformer cette capacité infrastructurelle en un service d’eau potable durable, accessible et résilient pour les populations.
